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Marché immobilier en France : vers une stabilisation durable des prix en 2026 ?

Analyse de la conjoncture immobilière — données à fin mai 2026

Le marché de l’immobilier ancien confirme en ce début d’été 2026 une tendance amorcée depuis plusieurs mois : celle d’une normalisation de l’activité après les fortes variations connues ces dernières années. Volumes de transactions, prix au mètre carré, taux de crédit immobilier : voici ce qu’il faut retenir de la dernière note de conjoncture immobilière publiée par les Notaires de France.

Un volume de ventes qui se stabilise autour de 950 000 transactions

Sur les douze derniers mois à fin mai 2026, environ 949 000 ventes de logements anciens ont été enregistrées en France, soit une progression de 5,7 % sur un an. Ce chiffre masque toutefois un ralentissement progressif : la croissance annuelle des volumes est passée de +11,4 % fin février à +7,9 % fin mars, puis à +5,3 % fin avril.

Cette décélération ne traduit pas un retournement de marché, mais plutôt un retour à un rythme plus modéré. Sur une période plus longue, entre fin 2023 et fin mai 2026, le volume annuel de transactions immobilières n’a progressé que de 1,8 %. Le marché semble donc avoir retrouvé un palier d’activité stabilisé, porté avant tout par des acheteurs occupants plutôt que par des logiques d’investissement locatif.

Les professionnels du secteur observent que les projets d’achat immobilier restent nombreux, mais que les délais de décision s’allongent : négociation plus présente, exigences documentaires renforcées, arbitrages budgétaires plus fréquents. Les acquéreurs abandonnent rarement leur projet ; ils le réorientent.

Prix de l’immobilier ancien : une quasi-stabilité au niveau national

Au premier trimestre 2026, les prix des logements anciens en France métropolitaine affichent une quasi-stabilité sur un an, avec une hausse limitée à 0,2 %. Ce chiffre recouvre des réalités contrastées selon le type de bien et la zone géographique :

  • Appartements anciens : +0,6 % sur un an au niveau national
  • Maisons anciennes : -0,2 % sur un an au niveau national
  • Île-de-France : +0,6 % sur un an, une troisième hausse trimestrielle consécutive, portée par les appartements (+1 %) alors que les maisons franciliennes continuent de reculer (-0,4 %)
  • Province : prix globalement stables (0 %) après quatre trimestres de hausse successifs

À Paris intra-muros, les prix des appartements progressent de 1 % sur un an, une dynamique que l’on retrouve en petite couronne (+1,3 %) et en grande couronne (+0,8 %).

Les projections fondées sur les avant-contrats laissent entrevoir une poursuite de cette stabilité à court terme, avec une évolution des prix estimée à -0,6 % sur un an à fin juillet 2026, portée principalement par le repli du marché des maisons (-0,9 %) tandis que les appartements resteraient proches de l’équilibre (-0,3 %).

Crédit immobilier : des taux qui se maintiennent autour de 3,22 %

Le financement demeure le facteur déterminant de l’évolution du marché immobilier. Malgré le relèvement des taux directeurs décidé par la Banque centrale européenne le 11 juin 2026 pour contenir les tensions inflationnistes, cette hausse ne s’est que partiellement répercutée sur les conditions de crédit immobilier.

À fin avril 2026, selon les données de la Banque de France :

  • La production de crédits à l’habitat (hors renégociations) s’élève à 12,0 milliards d’euros, contre 12,6 milliards en mars
  • Le taux d’intérêt moyen des nouveaux crédits immobiliers hors renégociations reste stable à 3,22 %
  • Les encours de crédits à l’habitat sont stables sur un an

Les établissements bancaires continuent d’accompagner activement les projets d’acquisition immobilière, le crédit à l’habitat demeurant un levier commercial stratégique. Cette relative décorrélation entre politique monétaire et taux appliqués aux emprunteurs contribue au maintien de l’activité du marché immobilier, mais reste dépendante de l’évolution du contexte économique et budgétaire.

Immobilier neuf : des difficultés structurelles persistantes

Le marché du logement neuf reste confronté à des tensions plus marquées que l’ancien. À fin mai 2026 :

  • Les logements autorisés bondissent de 23,7 % par rapport à avril, atteignant 34 832 unités, après une forte baisse en avril (-31,3 %)
  • Les mises en chantier progressent modérément (+1,1 %), pour atteindre 27 115 unités

Sur le volet commercialisation, au premier trimestre 2026 :

  • Les réservations de logements neufs par les particuliers augmentent de 4 % par rapport au trimestre précédent, portées par les appartements en collectif (+4,3 %)
  • Les mises en vente reculent de 12,7 %, concernant à la fois les appartements (-11,5 %) et les maisons (-28,4 %)

L’investissement locatif dans le neuf demeure freiné par un environnement réglementaire jugé peu lisible et par l’absence d’un dispositif fiscal incitatif pérenne, ce qui renforce mécaniquement le rôle central du parc ancien dans la réponse aux besoins en logement.

Zoom sur l’immobilier des stations balnéaires

Avec plus de 21 000 ventes, ce marché reste globalement stable sur un an, alors que les transactions progressent d’environ 8 % à l’échelle nationale.

Quelques enseignements marquants :

  • Les prix des appartements anciens en bord de mer s’échelonnent de moins de 3 000 €/m² (Dieppe, Cherbourg-Octeville) à plus de 6 000 €/m² (La Baule-Escoublac, Biarritz), avec un record au Touquet-Paris-Plage à 8 720 €/m²
  • Les prix des maisons anciennes littorales sont beaucoup plus dispersés que ceux des appartements, reflet de la diversité des biens (résidence principale, secondaire, investissement locatif, présence d’une vue mer, etc.)
  • Certaines stations enregistrent de fortes progressions de volumes, comme Hendaye, Biscarrosse ou Biarritz, tandis que d’autres, comme Agde, La Grande-Motte ou La Baule-Escoublac, connaissent un recul des transactions

Un nouveau cadre juridique pour les cessions de parts de SCI

Autre actualité notable pour les professionnels de l’immobilier : la loi relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, promulguée en juin 2026, renforce l’encadrement des cessions de parts de sociétés à prépondérance immobilière, notamment les SCI. Le nouvel article 1865-1 du Code civil impose désormais, à peine de nullité, que ces cessions soient formalisées par acte authentique notarié, acte contresigné par un avocat, ou acte rédigé par un expert-comptable dans le cadre de sa mission.

Cette réforme vise à renforcer la sécurité juridique des transactions immobilières et à lutter contre le blanchiment de capitaux, en s’appuyant sur l’expertise et les obligations de vigilance des professionnels du droit.

👉🏻 Ce qu’il faut retenir

Le marché immobilier français aborde le second semestre 2026 dans une phase de consolidation plutôt que d’accélération. Les fondamentaux restent globalement solides, mais l’activité demeure sensible à plusieurs facteurs : évolution des taux de crédit immobilier, confiance des ménages, stabilité du cadre économique et des politiques publiques. Pour les acquéreurs comme pour les vendeurs, cette stabilisation des prix constitue un signal positif, permettant de préserver l’équilibre entre valeurs de marché et capacité d’achat des ménages.

Source : Note de conjoncture immobilière n°72, juillet 2026, Conseil supérieur du notariat — données Notaires de France, Insee, Banque de France, SDES.

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